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Interview de Bérénice Schmerber
Publié le 23 juin 2026 – Mis à jour le 23 juin 2026
Bérénice Schmerber, étudiante en Licence de Lettres Modernes, intègrera l'an prochain la prestigieuse école supérieure de musique de la Schola Cantorum Basiliensis.
Qui-êtes vous et quel est votre parcours à l’Université Jean Moulin Lyon 3 ?
Je m’appelle Bérénice Schmerber et j’ai 22 ans. En 2023, je suis arrivée à l’Université Jean Moulin en L3 de lettres modernes après une classe préparatoire littéraire. J’ai ensuite poursuivi mon parcours par un master de lettres modernes que je termine en cette fin de semestre. L’année prochaine, j’intégrerai la Schola Cantorum de Bâle dont je viens de réussir le concours d’entrée.Comment avez-vous choisi vos études et que vous ont-elles apporté ?
Comme beaucoup d’étudiants, les premières années dans le supérieur furent une période de tâtonnement. La classe préparatoire BL était déjà un grand virage pour moi qui me destinait durant tout mon lycée à des études scientifiques ; mais au moment de faire un choix, mon attrait et ma curiosité pour les matières littéraires l’ont emporté. Durant ces deux années, mon attachement tout particulier pour la littérature s’est confirmé et s’est imposé par rapport aux autres disciplines, c’est pour cela que j’ai décidé de m’orienter vers la licence de lettres.Cette année de L3 constitue un point de convergence dans mon parcours. Très heureuse d’étudier spécifiquement la littérature et me sentant pleinement à ma place, j’ai en parallèle repris des cours hebdomadaires de flûte à bec au conservatoire (CRR de Lyon) avec ma professeure Susi Mohlmeier. Elle m’accompagne depuis le début de mon lycée et m’a toujours encouragée à continuer. La pratique de la flûte à bec, que je considérais depuis toujours comme mon passe-temps favori, a pris de plus en plus de place dans mon cœur et dans mes journées. Elle prenait aussi du sens par rapport à mes études littéraires qui ont cultivé ma sensibilité artistique et ont contribué à faire de la recherche de la beauté mon quotidien. À la fin de mon année de licence, j’ai donc fait le choix conjoint de candidater, à l’université, pour l’entrée en master de lettres modernes, et au conservatoire, pour l’entrée en parcours de préparation à l’enseignement supérieur (PPES).
Suivre ces deux formations en parallèle a été très enrichissant pour moi car elles se complètent vraiment bien. Mes études littéraires m’ont permis d’étudier sous un autre regard les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles que je vis en musique, et ont ainsi grandement contribué à me forger une connaissance à la fois théorique et sensible de ces époques. Cela me semble particulièrement utile dans le domaine de la musique ancienne où les interprètes cherchent à jouer de la manière la plus historiquement informée possible. Pour jouer dans le style de l’époque d’une pièce, il faut bien sûr un appui théorique spécifique, mais il est aussi très utile de se construire un imaginaire artistique et culturel lié à cette période pour pouvoir l’incarner au mieux. La musique, quant à elle, m’a donnée l’idée de mon sujet de mémoire, le souffle dans la poésie baroque. Comme je suis instrumentiste à vent, je me sens proche de cette thématique et j’ai voulu explorer toutes ses résonnances poétiques, notamment sous le prisme musical.
Au cours de ces deux ans, j’ai donc eu un grand plaisir à évoluer dans ces deux univers voisins de la recherche en lettres et de la musique, et d’y rencontrer des personnes aux centres d’intérêts différents mais toutes passionnées.
Quel est votre projet professionnel et qu'envisagez-vous pour la suite de votre parcours ?
Après l’obtention de mon bachelor de flûte à bec, je prolongerai certainement mes études par un master de perfectionnement. En parallèle, je pourrai commencer ma carrière de musicienne, qu’il m’est pour l’instant difficile à imaginer étant donné qu’elle se construira surtout par des rencontres et des opportunités musicales. J’aimerais aussi beaucoup enseigner.Je vais par ailleurs poursuivre l’apprentissage du basson baroque que j’ai débuté cette année, et si j’en ai l’occasion je souhaiterais aussi m’initier au chant lyrique.
Qu’est-ce que la Schola Cantorum de Bâle et pourquoi ce choix ?
Fondée en 1933, la Schola Cantorum Basiliensis est une haute école de référence, pionnière dans la redécouverte de la musique ancienne et dans la recherche en pratique historiquement informée. Je suis très enthousiasmée à l’idée d’y faire mes études pour m’immerger pleinement dans l’univers de la musique ancienne et avoir accès à une instruction théorique particulièrement riche et vivante.Auriez-vous des conseils pour les étudiants qui souhaiteraient également suivre cette voie ?
Mon conseil serait de toujours garder à l’esprit que suivre une double formation est une chance. Il arrive de ressentir une certaine frustration de ne pas avoir autant de temps qu’on le souhaiterait pour mener de front les deux, car certaines périodes demandent un investissement particulièrement intense pour la musique (période de concours, d’examens et de concerts) et d’autres pour les lettres (rendus de dossiers, avancée du mémoire). Cependant, je crois que lorsque l’on en a l’opportunité, il ne faut pas renoncer à une double formation, car sur l’ensemble de ces années cela donne un sentiment d’équilibre et de bonheur. De plus, cela permet de cultiver une part d’identité structurante en dehors de la musique, qui je pense continue à s’épanouir même après la fin des études.Formation
Le statut d'artiste haut niveau
"Grâce au statut d’artiste de haut niveau, j’ai pu être dispensée au premier semestre d’un UE, ce qui m’a permis de libérer du temps pour ma pratique musique et ainsi de mieux équilibrer mes semaines.
Ce statut m’a aussi apporté de la légitimité et de la compréhension de la part de l’administration et du corps enseignant, en particulier Monsieur Leplatre, mon directeur de mémoire et co-directeur du master avec Madame Barre. Tous deux ont été très bienveillants à mon égard et m’ont beaucoup soutenue."
► Découvrir le statut d'artiste haut niveau
Ce statut m’a aussi apporté de la légitimité et de la compréhension de la part de l’administration et du corps enseignant, en particulier Monsieur Leplatre, mon directeur de mémoire et co-directeur du master avec Madame Barre. Tous deux ont été très bienveillants à mon égard et m’ont beaucoup soutenue."
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Mise à jour : 23 juin 2026
