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Séminaire inter-laboratoires | L'espace littéraire de Berlin à Vladivostok - 9e édition
Un nouveau voyage vous attend, entre Berlin et Vladivostok !
© Vassily Kandinsky, Murnau train et château, 1909
Réunissant les chercheurs des universités lyonnaises, grenobloises et nancéiennes qui consacrent leurs travaux aux littératures d’Europe centrale et orientale, et de Russie, ce séminaire inter-laboratoires s’ouvre cette nouvelle année 2026 avec quatre rencontres qui auront lieu à la Bibliothèque Diderot de Lyon et à l'Université Grenoble Alpes.
PROGRAMME
- SÉANCE 1
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SÉANCE 1 : AUTOFOCTIONS RUSSES
Organisée par Isabelle Després (ILCEA4, UGA)
Vendredi 16 janvier 2026 de 14h à 17h
Université Grenoble Alpes
Maison des Langues et des cultures, Salle des conseils
1141 rue des Universités 38400 Saint-Martin-d’Hères
► Assister à la séance à distance
Autofiction et engagement socio-éthique : corps vulnérable, sollicitude et empowerment dans les textes de la jeune génération d’autrices russes
Intervention de Kateryna Tarasiuk, chercheuse postdoctorale dans un projet de recherche ANR ArtAtWar à l’Université de Strasbourg
À partir des années 2010, le paysage littéraire féminin russophone connaît une profonde évolution. Une nouvelle génération d’autrices renouvelle les modes d’expression en explorant des formes d’écriture telles que le témoignage, l’autofiction ou l’enquête, afin de mettre en mots des expériences traumatiques singulières. Leurs œuvres, marquées par une forte dimension autodocumentaire, élaborent des pratiques discursives propres, articulées autour d’un langage à la fois intime, réflexif et tranchant, et se distinguent par leur engagement socio-éthique.
Cette communication portera sur quatre œuvres : Regarde-le (2017) d’Anna Starobinec, Récits (2017) de Natalʹâ Meŝaninova, L’Ode à la joie (2019) de Valeriâ Pustovaâ et Blessure (2021) d’Oksana Vasâkina. Elle vise à montrer comment ces autrices redéfinissent les pratiques d’écriture du corps et déploient un langage engagé et éthique, donnant une nouvelle résonance à la parole féminine contemporaine dans le champ littéraire russe, désormais doté d’une dimension transnationale.
Il s’agira d’analyser, d’une part, la mise en récit de la vulnérabilité des corps féminins, qui invite à une lecture éthique, proche d’une perspective du care, attentive à la sollicitude et à l’empathie ; d’autre part, la manière dont lecture et écriture ouvrent un espace symbolique, intime et collectif, où la douleur peut être reconnue, partagée et parfois allégée, transformant ces textes en sources d’empowerment et d’émancipation.
L’autofiction russophone en exil : identité fluide et expansion générique
Intervention de Larissa Muravieva, chercheuse à l’Université Grenoble Alpes, UMR 5316 Litt&Arts (programme PAUSE)
L’autofiction, apparue récemment dans le champ littéraire russophone, est devenue l’un des phénomènes les plus marquants de l’espace littéraire actuel. Son essor, amorcé à la fin des années 2010, s’est ensuite inextricablement lié aux bouleversements politiques. À l’automne 2025, on observe une croissance rapide du genre, révélant une stratification des textes : non seulement selon leurs formes d’écriture, mais aussi selon le lieu physique où se trouve l’auteur.e. Cependant, la dichotomie entre « ceux qui sont partis » et « ceux qui sont restés » s’avère problématique : d’une part, en raison de la forte sensibilité socioculturelle qu’un tel clivage implique, et d’autre part, en raison de la porosité même de cette frontière dans le fonctionnement de l’espace littéraire. Ainsi, certains auteurs et autrices en exil publient dans le « nouveau tamizdat », tandis que d’autres continuent de collaborer avec des maisons d’édition russes.
Cette communication porte sur l’autofiction russophone en exil, entendue comme un ensemble de textes écrits par des auteurs émigrés qui réfléchissent, dans leur écriture, à l’expérience même de l’émigration tout en publiant dans divers espaces éditoriaux. La plupart de ces œuvres se caractérisent par la représentation d’une crise identitaire, intégrée aux niveaux thématique, discursif et symbolique. Je montrerai que l’autofiction russophone en exil construit une identité fluide grâce aux qualités performatives de l’autofiction en tant que pratique narrative. Cette dynamique entraîne un élargissement des frontières du genre, les écrivains et écrivaines expérimentant activement des formes trans-génériques. - SÉANCE 2
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SÉANCE 2 : LE DIALOGUE LITTÉRAIRE BULGARO-SERBE EN FRANCE
Organisée par Sonja Graimprey (BDL)
Vendredi 6 février 2026 de 14h à 17h
Bibliothèque Diderot de Lyon
5 parvis René Descartes
69007 Lyon
Rencontres littéraire comme pratique pédagogique et objet d'étude
Intervention de Livija Ekmecic, Université de Strasbourg
Dans le but de stimuler une créativité littéraire qui, à la fois, répondrait aux besoins des jeunes et offrirait aux étudiants une opportunité privilégiée de développer leur bagage culturel, le projet des « Rencontres littéraires », lancé à l’Université de Strasbourg, est devenu partie intégrante du cours Arts et littératures slaves balkaniques. Par le biais de ce projet, les étudiants rencontrent un écrivain issu de la littérature serbe ou bulgare ; ils participent dans ce cadre à une conversation avec l’écrivain, contribuant ainsi eux-mêmes à la création de l’espace de recherche littéraire dans lequel ils peuvent se développer en tant que lecteurs mais également en tant que critiques littéraires. Les « Rencontres Littéraires » strasbourgeoises, animées à part égale par des étudiants, des professeurs de littérature et des écrivains, ont ouvert un espace spécifique de recherche. Ce dernier vise à montrer comment la littérature contemporaine influence le jeune lecteur mais il examine aussi de quelle manière il est possible d’éviter chez les étudiants les pièges du processus de lecture, dont parle Peter Szendy dans Pouvoirs de la lecture.
Explorer les relations intertextuelles à travers des binômes littéraires
Intervention de Miryana Yanakieva, Université de Strasbourg
Le travail de recherche qui fera l’objet de cette conférence est étroitement lié à un projet pédagogique, unique en France, qui se développe au département d’études slaves de l’université de Strasbourg depuis 2022-2023, et dont l’objectif était la création d’une nouvelle matière, nommée Arts et littératures slaves balkaniques. Elle est basée sur l’étude en parallèle de deux littératures slaves du Sud, à savoir la littérature serbe et la littérature bulgare. L’élaboration de son cadre conceptuel devait prendre en considération le fait que cette étude ne devait s’appuyer que sur des textes littéraires déjà traduits en français et parus en France. C’était la raison pour laquelle l’approche qui consiste à établir ou à construire des dialogues implicites entre œuvres serbes et bulgares a été choisie comme la plus pertinente. Selon différents critères (historiques, thématiques, génériques) on a réuni par « binômes » des auteur.e.s appartenant aux deux littératures dans le but d’explorer leurs relations intertextuelles plausibles. La conférence va donc présenter le processus de recherche qui a abouti à l’édification de ces « binômes », ainsi que quelques exemples concrets d’analyses intertextuelles, telles qu’entre Ivo Andrić et Yordan Yovkov, Svetlana Velmar-Janković et Théodora Dimova, et autres. - SÉANCE 3
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SÉANCE 3 : SUR LES PAS DES TRADUCTEURS
Vendredi 6 mars 2026 | 14h-17h
Bibliothèque Diderot de Lyon
5 parvis René Descartes
69007 Lyon
- SÉANCE 4
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SÉANCE 4 : DOSTOÏEVSKI IRRECEVABLE ?
Vendredi 27 mars 2026 | 14h-17h
Université Grenoble Alpes
Maison des Langues et des cultures, Salle des conseils
1141 rue des Universités 38400 Saint-Martin-d’Hères
Informations
VEN 16 JANV | 14h-17h
VEN 27 MARS | 14h-17h
Université Grenoble Alpes
Maison des Langues et des cultures, Salle des conseils
1141 rue des Universités, Saint-Martin-d’Hères
► Assister à la séance à distance
VEN 6 FÉV | 14h-17h
VEN 6 MARS | 14h-17h
Bibliothèque Diderot de Lyon
5 parvis René Descartes, Lyon
Entrée libre & gratuite
Organisation et coordination
- Anna Lushenkova Foscolo (Lyon 3)
- Sonja Graimprey (BDL)
- Hélène Martinelli (ENS Lyon)
